12/05/2018

Fantastic Birthday, conte de fée des seventies

Greta Driscoll, jeune fille introvertie, est en passe de franchir le cap de ses 15 ans. Mais quitter le monde douillet et rassurant de l’enfance n’est pas facile. Pour la sortir de la bulle dans laquelle elle s’est enfermée avec son seul ami Elliott, ses parents lui annoncent l’organisation d’une grande fête pour son anniversaire. Le grand soir, elle va basculer dans un univers parallèle effrayant et complètement absurde dans lequel elle va devoir affronter ses peurs pour pouvoir se trouver et aborder autrement cette nouvelle ère.

Greta Driscoll, jeune fille introvertie, est en passe de franchir le cap de ses 15 ans. Mais quitter le monde douillet et rassurant de l’enfance n’est pas facile. Pour la sortir de la bulle dans laquelle elle s’est enfermée avec son seul ami Elliott, ses parents lui annoncent l’organisation d’une grande fête pour son anniversaire. Le grand soir, elle va basculer dans un univers parallèle effrayant et complètement absurde dans lequel elle va devoir affronter ses peurs pour pouvoir se trouver et aborder autrement cette nouvelle ère.

Avec Fantastic Birthday (Girl Asleep de son titre original) Rosemary Myers signe son premier film connu d’une durée de 80 minutes, adapté de la pièce écrite par Matthew Whittet. Qu’advient-il quand la Belle au bois dormant s’endort ? C’est le fondement même de l’inspiration de la réalisatrice autralienne quant à l’aspect fantastique et fantasque de l’histoire. Au dela de l’onirisme, l’oeuvre nous dépeint le passage à l’adolescence de façon très visuelle et symbolique.

Le film est particulièrement beau. Inspiré des photographies des années 70, cet univers très kitsch nous transporte dans un espace-temps propre à lui, avec cette touche de charme ancien. Les cadrages semblent parfaitement maitrisés, avec une composition des plans inspirée des films de Wes Anderson. C’est avec une grande jubilation qu’on regarde ce film car rien de plus plaisant que de voir des cadres bien travaillés.

L’univers 70 se retrouvent également dans le jeu des acteurs qui sont tous fabuleux. Chaque personnage a un univers propre à lui, très décalé avec notre société contemporaine tout en étant tous très attachant. La gestuelle et la façon de parler sont parfois exagérées mais c’est ainsi que le film crée sa propre pâte. Le film est également agrémenté d’une séquence de disco qui, au délà d’ancrer les années 70, nous offre un moment hors du temps, au sein même de la bulle que représente le film.

La réalisatrice le dit elle-même, on trouve également parmi ses inspirations David Lynch, Hal Hartley, Spike Jonze ou encore Jean-Pierre Jeunet. Tout comme dans les films Lynchiens, les acteurs interprêtent plusieurs rôles. C’est ainsi que dans l’univers parallèle dans lequel s’aventure Greta, on retrouve notamment Amber McMahon qui joue la mère et « Frozen Woman » ainsi que Matthew Whittet dans les rôles du père et « Abject Man ». Au-delà de la dimension « wtf » qui semble en découler au premier abord en voyant le film, cette bipartition nous indique de façon symbolique la représentation même que se fait Greta de ses parents et des gens qui l’entourent, ainsi que l’impact qu’ils ont dans sa vie. Cet univers parallèle est composé de créatures dignes d’un conte, qui apportent au film ce côté très mignon.

Ce film est donc à voir pour la beauté de son propos et de ses images, qui vous feront entrer dans une bulle charmante et attendrissante, digne d’un conte de fée.

Par Marie-Ange Chery